Au printemps 1942, Rommel lance l'offensive qui doit le mener vers l'Égypte. À l'extrémité sud de la ligne de Gazala, en Libye, la 1re brigade française libre du général Koenig tient le point d'appui de Bir Hakeim. Elle résiste du 27 mai au 11 juin, refuse trois sommations, puis force l'encerclement de nuit. C'est le premier grand fait d'armes de la France Libre.
01Février – mai 1942Libye
Un vieux puits au bout de la ligne
Au début de 1942, la guerre du désert oppose depuis près de deux ans, en Libye et en Égypte, les forces britanniques aux armées italienne et allemande. Le général Erwin Rommel, arrivé en Afrique en février 1941, commande l'ensemble germano-italien, dont l'Afrikakorps n'est qu'une partie. Après avoir été repoussé à l'hiver 1941, il a repris l'ouest de la Cyrénaïque. Les Britanniques de la 8e armée, commandée par le général Ritchie, s'arrêtent alors sur une ligne qui couvre le port de Tobrouk : la ligne de Gazala.
Cette ligne n'est pas un front continu. Elle descend de la côte vers le sud sur plusieurs dizaines de kilomètres, faite de points d'appui fortifiés, appelés « boxes », reliés par de vastes champs de mines. Au bout sud, là où la ligne s'arrête en plein désert, se trouve Bir Hakeim : un ancien point d'eau au croisement de pistes, marqué par les ruines d'un petit fort, dont le nom est souvent traduit par « le puits du vieil homme ». C'est le point le plus exposé du dispositif, car c'est par là qu'un adversaire peut tourner toute la ligne.
À la mi-février 1942, la 1re brigade française libre reçoit l'ordre de relever les troupes qui tiennent la position et de la défendre. Elle est placée sous le contrôle opérationnel britannique, au sein de la 8e armée. Le général de Gaulle y voit une occasion attendue : mettre enfin des Français libres face à l'armée allemande, sur un champ de bataille où les Alliés pourront juger leur valeur.
Archive · Fig. 01Légionnaires de la 1re brigade française libre dans le désert de Bir Hakeim, juin 1942.Imperial War Museum (E 13313), domaine public · source
02Février – mai 1942Bir Hakeim
Une brigade venue du monde entier
La brigade est commandée par le général Pierre Koenig. Elle compte environ 3 700 hommes ; le décompte le plus souvent repris donne 3 723 présents au début de la bataille, d'autres sources avancent des chiffres un peu différents selon qu'elles incluent ou non les éléments britanniques et les services. Son armement est modeste : des canons de 75 récupérés au Levant, des canons antichars de 25 et de 47, des mortiers, des canons antiaériens Bofors et une soixantaine de chenillettes Bren Carrier.
Sa composition dit à elle seule ce qu'était la France Libre. Le premier groupement, sous les ordres du lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari, réunit les 2e et 3e bataillons de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, où servent notamment des républicains espagnols. Le second, sous les ordres du lieutenant-colonel de Roux, rassemble le bataillon de marche n° 2, formé de tirailleurs volontaires de l'Oubangui-Chari, le 1er bataillon d'infanterie de marine et le bataillon du Pacifique. Ce dernier, commandé par le lieutenant-colonel Félix Broche, compte environ 600 volontaires de Polynésie, de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides, dont quelque 300 Tahitiens.
S'y ajoutent le 1er régiment d'artillerie, une compagnie nord-africaine, une compagnie antichar, une compagnie du génie et le 1er bataillon de fusiliers marins du capitaine de corvette Amyot d'Inville. Ces marins sans navire, transformés en artilleurs, assurent la défense antiaérienne avec leurs Bofors, aux côtés d'une batterie britannique. Parmi les officiers de la 13e demi-brigade se trouvent deux hommes qui marqueront l'après-guerre : le capitaine Pierre Messmer et le jeune officier Hubert Germain.
Pendant trois mois, la brigade transforme ce plateau nu en camp retranché. La position forme un triangle d'environ seize kilomètres de périmètre, sans le moindre obstacle naturel. Les hommes posent des dizaines de milliers de mines, creusent tranchées, abris et trous individuels, enterrent les canons et même les véhicules. Le terrain est plat : la seule protection est celle que l'on creuse. Dans le même temps, des colonnes mobiles, les « Jock columns », vont harceler l'ennemi loin vers l'ouest.
Archive · Fig. 02Trois soldats de la France libre, venus du Sénégal, d'Afrique équatoriale et de Madagascar, distingués lors des combats de Bir Hakeim (1942).Office of War Information / Library of Congress, domaine public · source
≈ 3 700hommes de la 1re brigade française libre
16 joursdu 27 mai au 11 juin 1942
3sommations de se rendre, toutes refusées
≈ 2 600hommes rejoignent les lignes alliées après la sortie
0327 mai 1942Bir Hakeim
L'Ariete brisée sur les mines
Dans la nuit du 26 au 27 mai, Rommel lance son offensive. Tandis que des attaques de diversion fixent le nord de la ligne, le gros de ses blindés contourne le dispositif britannique par le sud, en passant au large de Bir Hakeim. Au matin du 27, vers 9 heures, la division blindée italienne Ariete reçoit l'ordre d'enlever la position au passage.
Les chars italiens attaquent par vagues le secteur tenu par le 2e bataillon de la Légion. Ils se heurtent aux champs de mines et aux canons de 75 tirant à courte distance. Quelques blindés parviennent à pénétrer dans la position ; ils y sont détruits à bout portant. En moins d'une heure, l'assaut est brisé. Selon les sources, une trentaine de chars, entre 32 et 35, restent sur le terrain, et 91 prisonniers sont faits, dont le colonel commandant le régiment de chars. Les pertes françaises sont très faibles ce jour-là.
Rommel comptait réduire Bir Hakeim en quelques heures. La position tient, et elle devient une gêne croissante : ses colonnes de ravitaillement, qui doivent contourner le point d'appui par le sud, restent exposées aux tirs et aux raids français. Les jours suivants, des prisonniers et des soldats indiens libérés affluent dans la position, ce qui met à rude épreuve les réserves d'eau. Le 31 mai, un convoi parvient encore à apporter de l'eau et à repartir avec des blessés et des prisonniers.
042 – 5 juin 1942Bir Hakeim
Encerclés, sommés de se rendre
Au début de juin, Rommel décide d'en finir avec ce verrou. À partir du 2 juin, la division motorisée italienne Trieste et la 90e division légère allemande investissent la position, appuyées par l'artillerie et par la Luftwaffe. Bir Hakeim est désormais encerclé.
Le 2 juin, en milieu de matinée, deux officiers italiens se présentent sous drapeau blanc et demandent la reddition de la brigade. Koenig refuse. Le 3 juin, un nouveau message arrive, écrit de la main de Rommel. Il menace la garnison du sort de deux brigades britanniques anéanties quelques jours plus tôt, et invite les défenseurs à hisser le drapeau blanc.
« Toute résistance prolongée signifie une effusion de sang inutile. »
Erwin Rommel, message à la garnison de Bir Hakeim, 3 juin 1942 (traduction couramment citée)
La réponse française est donnée par l'artillerie. Une troisième sommation, le 5 juin selon Chemins de mémoire, est elle aussi rejetée. Chaque refus est suivi d'un redoublement des bombardements. Koenig sait que son refus déclenche la vraie bataille : sa mission est de tenir le plus longtemps possible pour couvrir la 8e armée, dont les contre-attaques autour de la position échouent les unes après les autres.
Archive · Fig. 03Sommation manuscrite de Rommel aux défenseurs de Bir Hakeim, juin 1942. Elle restera sans effet.Office of War Information / U.S. Navy Museum, domaine public · source
056 – 10 juin 1942Bir Hakeim
Sous les Stukas, la soif
Les jours suivants sont les plus durs. L'infanterie allemande progresse pied à pied en déminant les abords ; l'artillerie pilonne la position sans relâche. Les bombardiers en piqué Stuka attaquent par vagues, parfois plusieurs dizaines d'appareils à la fois, jusqu'à une centaine le 10 juin. Le Centre d'études supérieures de la Marine estime à environ 1 300 le nombre de sorties de la Luftwaffe sur la position pendant la bataille. Les fusiliers marins abattent plusieurs avions, et la Royal Air Force intervient à plusieurs reprises au-dessus de Bir Hakeim. Le 8 juin, une attaque aérienne touche le poste de secours.
La chaleur, le vent de sable et la fumée rendent la vie dans les trous presque insupportable. La ration d'eau tombe à quelques litres par homme et par jour, et l'on récupère l'eau des radiateurs des véhicules détruits. Le 7 juin, la compagnie du capitaine Messmer sort pour protéger l'arrivée de camions de ravitaillement, qui entrent dans la place avec de l'eau et des munitions. Le 9 juin, le lieutenant-colonel Broche, que les Tahitiens appellent le « Metua », le père, est tué par un obus sur son poste de commandement avec son adjoint, le capitaine Duché de Bricourt.
Le 10 juin, après une préparation d'artillerie et d'aviation massive, l'ennemi perce une partie de la ligne ; une contre-attaque de la Légion rétablit la situation. Ce même jour, le général de Gaulle envoie à Koenig un télégramme resté célèbre.
« Général Koenig, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. »
Charles de Gaulle, télégramme du 10 juin 1942Archive · Fig. 04Défense antiaérienne française libre dans le désert occidental, mai 1942 : une pièce Breda de 20 mm prise aux Italiens.Office of War Information / U.S. Navy Museum, domaine public · source
06Nuit du 10 au 11 juin 1942Bir Hakeim
La sortie de vive force
Les munitions et l'eau s'épuisent, et la position n'a plus de raison d'être tenue : la 8e armée se replie. Le commandement britannique autorise l'évacuation, et le général Auchinleck fait préparer un dispositif de recueil à quelques kilomètres. Koenig choisit de ne pas se rendre : la brigade sortira « de vive force », armes à la main, en pleine nuit, vers le sud-ouest, à travers les lignes ennemies.
Le plan prévoit d'ouvrir un couloir dans les champs de mines, de faire passer l'infanterie puis les véhicules, et de rejoindre un point marqué de trois lampes rouges, où des camions britanniques attendent. Le départ est fixé vers 23 heures. Mais sous la pression ennemie, le génie ne peut ouvrir qu'un passage étroit, et la sortie prend du retard. Peu après minuit, les premiers éléments de la Légion sont repérés. Fusées éclairantes, balles traçantes, mitrailleuses : la colonne est prise sous le feu alors qu'une partie des véhicules se trouve encore dans les mines. Plusieurs sautent et s'embrasent.
Ce qui devait être une infiltration devient, selon les mots repris dans le récit de Koenig, une bataille de nuit contre un ennemi bien installé. Les chenillettes chargent les nids de mitrailleuses ; des officiers tombent en tête de leurs hommes, comme le capitaine de Lamaze et le chef d'escadron Bricogne. Le commandant Savey, chef du bataillon d'infanterie de marine, est lui aussi tué. La voiture du général Koenig, où a également pris place Amilakvari, est conduite par une volontaire britannique, Susan Travers, venue de l'ambulance Hadfield-Spears. Elle fonce à travers les tirs et maintient le cap jusqu'aux lignes britanniques. Elle sera, en 1945, la seule femme engagée dans la Légion étrangère.
Au petit matin, les hommes arrivent par groupes au point de recueil. Beaucoup errent encore dans le désert ; certains sont recueillis par des patrouilles britanniques, d'autres sont faits prisonniers. Koenig résumera plus tard cette nuit d'une phrase : « Cette nuit-là, chaque homme était à lui seul une aventure, une histoire, une tragédie. »
Archive · Fig. 05Un soldat de la France libre après avoir rejoint les lignes alliées au terme de la sortie de Bir Hakeim, juin 1942.Office of War Information / U.S. Navy Museum, domaine public · source
07Juin 1942Londres, Le Caire, Berlin
Le prix et la portée
Les bilans divergent selon les sources, et ils restent difficiles à établir. Le décompte le plus souvent repris, issu des états de Koenig et de Messmer, donne 2 619 hommes ramenés sur 3 723, soit environ 70 % ; Chemins de mémoire avance environ 2 500 rescapés et plus d'un millier d'hommes tués, blessés, disparus ou prisonniers. Ce même décompte compte 99 tués et 109 blessés pendant le siège, puis, lors de la sortie, 41 tués, 21 blessés et plus de 700 disparus, dont environ 600 prisonniers. D'autres auteurs, dont le général Saint-Hillier, ancien de la bataille, donnent des chiffres plus élevés. Une partie des prisonniers périt en août 1942 dans le torpillage, par un sous-marin britannique, du navire italien Nino Bixio qui les transportait ; des Tahitiens du bataillon du Pacifique sont du nombre. Les pertes de l'Axis, elles aussi estimées, sont nettement supérieures.
Le 11 juin au soir, à Londres, de Gaulle apprend que Koenig et une grande partie de ses troupes ont échappé à l'ennemi. Il racontera la scène dans ses Mémoires de guerre : « Je remercie le messager, le congédie, ferme la porte. Je suis seul. Oh ! cœur battant d'émotion, sanglots d'orgueil, larmes de joie ! » La BBC et la presse alliée font de Bir Hakeim un symbole. En France occupée, la presse clandestine reprend le nom ; plus tard, un maquis et un journal clandestin le porteront.
La bataille a aussi une face sombre. Le 9 juin, un ordre transmis au nom de Hitler prescrit d'éliminer les réfugiés politiques allemands servant dans les rangs français, selon la Revue historique des armées ; il n'est pas appliqué par les troupes de Rommel. Le 12 juin, Radio Berlin annonce que les Français libres capturés, « n'appartenant pas à une armée régulière », seront exécutés. De Gaulle fait savoir par la BBC que les prisonniers allemands subiraient le même sort. Le jour même, Berlin se reprend : les soldats du général de Gaulle seront traités comme des soldats. Ils le seront. Côté allemand, Rommel écrira que rarement une lutte aussi acharnée lui avait été livrée en Afrique.
Reste la question stratégique, qu'il faut poser sans l'exagérer. Les seize jours de Bir Hakeim, quatorze jours de combats selon Koenig, ont retardé Rommel et facilité le repli d'une partie de la 8e armée. Mais Ritchie abandonne la ligne de Gazala le 14 juin, Tobrouk tombe le 21 juin, et la retraite britannique se poursuit jusqu'à El Alamein, où l'offensive de l'Axis est arrêtée en juillet 1942. Beaucoup de travaux, à commencer par l'histoire officielle britannique, estiment que la résistance française a facilité ce redressement ; d'autres historiens, comme Benoît Rondeau, rappellent que l'étirement des lignes allemandes, l'usure du matériel et le terrain d'El Alamein pèsent au moins autant. Ce qui est incontestable, c'est l'effet politique : la France Libre a prouvé aux Alliés que ses soldats savaient se battre, et l'armée allemande a dû les reconnaître comme des combattants réguliers.
08Depuis 1942Paris
Pourquoi le pont s'appelle Bir-Hakeim
À Paris, le pont qui franchit la Seine au pied de la tour Eiffel, au-dessus de l'île aux Cygnes, s'appelait le pont de Passy. Le 18 juin 1949, il est rebaptisé pont de Bir-Hakeim, lors d'une cérémonie en présence du général de Gaulle et du général Koenig. Le même jour, la station de métro Grenelle de la ligne 6, qui le prolonge, prend le nom de Bir-Hakeim. Depuis, des millions de passants prononcent chaque année ce nom de puits libyen, souvent sans savoir qu'il désigne une bataille.
Le nom se retrouve sur des places, des ponts et des rues de nombreuses villes de France. À Paris, la place du Général-Kœnig, porte Maillot, honore depuis 1978 le chef de la brigade, élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1984. Au Mont-Valérien, l'un des seize hauts-reliefs du mémorial de la France combattante, œuvre du sculpteur Raymond Martin, est consacré à Bir Hakeim. Le musée de l'Ordre de la Libération, aux Invalides, conserve la mémoire de ces combattants, dont plusieurs, comme Koenig, Amilakvari, Broche, Messmer ou Hubert Germain, sont Compagnons de la Libération. En Libye, les corps des Français libres tombés à Bir Hakeim ont été regroupés au cimetière de Tobrouk.
La chanson « Bir Hakeim » raconte ces seize jours et cette nuit : le vieux puits à sec, les légionnaires, les marins et les volontaires du Pacifique, les sommations refusées, Susan Travers au volant. Elle se termine sur le pont de Paris, parce que c'est là que la plupart d'entre nous croisent ce nom. Quatre mois plus tard, une partie des mêmes hommes repartira à l'assaut au pied d'El Himeimat, où Amilakvari sera tué. Et le dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain, était à Bir Hakeim, jeune officier de la 13e demi-brigade.
Les paroles
Rock de guerre orchestral, guitares lourdes, tempo de charge
Couplet 1
Un vieux puits à sec dans le désert de Libye,
Un carré de sable que nul ne voudrait,
Trois mille sept cents hommes et leurs vies,
Koenig commande, et l'Afrikakorps paraît.
Légionnaires de la Treizième, marins sans rivage,
Tirailleurs du Pacifique, héros sans visage,
Rommel veut la route d'Égypte et le passage —
Il lui faudra d'abord marcher sur ces drapeaux !
Couplet 2
Ils ont eu des semaines pour piéger le sable,
Des milliers de mines en jardins de la mort,
Des trous de combat, des canons enterrés
Qui attendent les chars pour mordre sans effort.
Trois fois l'ennemi envoie ses émissaires :
« Rendez-vous, vous serez traités avec honneur » —
Trois fois Koenig renvoie le messager :
Les Français libres n'ont pas le mot « reddition » dans le cœur !
Refrain
Bir Hakeim ! Seize jours, seize nuits !
Le désert s'en souvient, l'Allemagne aussi !
Bir Hakeim ! Sous les Stukas en furie,
La France a relevé la tête ici !
Tenir ! Tenir ! — quand le monde nous croit morts,
Tenir ! Tenir ! — c'est déjà la victoire !
Ce vieux puits sans eau a rendu sa fierté
À tout un pays qui mourait de soif d'espoir !
Couplet 3
Les assauts répétés, les mines, la fournaise,
Pas d'eau, plus d'obus, l'étau se resserre,
Londres murmure leur nom sur les ondes anglaises,
Et le monde apprend que la France fait la guerre.
Seize jours qui sauvent la retraite anglaise,
Seize jours qui font dérailler Rommel —
Quand Tobrouk tombera, quand tout sera braise,
On saura qui a payé pour que vive El Alamein.
Refrain
Bir Hakeim ! Seize jours, seize nuits !
Le désert s'en souvient, l'Allemagne aussi !
Bir Hakeim ! Sous les Stukas en furie,
La France a relevé la tête ici !
Tenir ! Tenir ! — quand le monde nous croit morts,
Tenir ! Tenir ! — c'est déjà la victoire !
Ce vieux puits sans eau a rendu sa fierté
À tout un pays qui mourait de soif d'espoir !
Chœurs de guerre
Tenir ! — Tenir !
Pas d'eau ! — Tenir !
Plus d'obus ! — Tenir !
La France ! — Tient !
Instrumental · solo de guitare sur tambours de bataille
Couplet 4
La nuit du 10 juin, ordre de percer :
Baïonnette en avant dans les lignes ennemies !
Une Anglaise au volant du général — foncez ! —
Susan Travers écrase la nuit et la sortie.
Les trois quarts des hommes reverront l'aube,
Ramenant leurs blessés à travers les mines —
Et toi qui plies sous ton propre désert,
Toi qui n'as plus d'eau, plus d'aide, plus de signe :
Tiens un jour de plus. Puis un autre. C'est ainsi
Qu'un puits à sec devient une source pour un pays.
Pont
Hitler a demandé, furieux, qui étaient ces soldats.
Les vainqueurs du désert eux-mêmes saluèrent :
nulle part, dira-t-on, on ne s'est battu comme là.
Honneur et Fidélité — c'est la devise de ceux
qui n'étaient pas tous nés français, et qui le devinrent au feu.
Refrain
Bir Hakeim ! Seize jours, seize nuits !
Le désert s'en souvient, l'Allemagne aussi !
Bir Hakeim ! Sous les Stukas en furie,
La France a relevé la tête ici !
Tenir ! Tenir ! — quand le monde nous croit morts,
Tenir ! Tenir ! — c'est déjà la victoire !
Ce vieux puits sans eau a rendu sa fierté
À tout un pays qui mourait de soif d'espoir !
Final
Bir Hakeim ! Si tu passes le pont à Paris,
Sache qu'il porte le nom d'un puits — et d'une nuit !