Le Serment

Date
2 mars 1941
Lieu
Fort d'El Tag, désert libyen
Coordonnées
24,2° N · 23,3° E
Événement
Koufra et le serment de Leclerc

Quelques centaines d'hommes venus du Tchad prennent un fort italien au milieu du désert. Leur colonel leur fait jurer quelque chose.

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Vendredi 6 novembre
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L'histoire · 12 min de lecture

L'histoire derrière « Le Serment »

Début 1941, la France Libre cherche encore sa première victoire. Partie du Tchad, une colonne d'environ quatre cents hommes traverse le désert libyen, assiège le fort italien d'El Tag à Koufra et obtient sa reddition le 1er mars. Le lendemain, le colonel Leclerc fait jurer à ses hommes de ne déposer les armes qu'une fois le drapeau hissé sur la cathédrale de Strasbourg. Il faudra près de quatre ans.

01Juillet – décembre 1940De Londres à Fort-Lamy

Un capitaine devenu Leclerc

Au printemps 1940, Philippe de Hauteclocque est capitaine de cavalerie. Il a 37 ans ; une chute de cheval, en 1936, l'a laissé boiteux et il marche avec une canne. Blessé à la tête et fait prisonnier pendant la campagne de France, il s'évade, passe en Espagne le 12 juillet 1940 et rejoint Londres, où il se présente au général de Gaulle sous un nom d'emprunt, Leclerc, pour protéger sa famille restée en France.

De Gaulle l'envoie aussitôt en Afrique. Fin août 1940, arrivé en pirogue à Douala avec une poignée d'hommes, il rallie le Cameroun à la France Libre ; quelques jours plus tôt, le 26 août, le Tchad du gouverneur Félix Éboué est devenu la première colonie ralliée. Viennent ensuite les combats du Gabon, en novembre. Le capitaine est devenu colonel au fil de ces semaines. Nommé commandant militaire du Tchad le 22 novembre, il arrive à Fort-Lamy, l'actuelle N'Djamena, le 2 décembre 1940.

Au nord commence la Libye italienne. L'Italie est entrée en guerre en juin et a lancé en septembre une offensive vers l'Égypte. Pour la France Libre, la longue frontière saharienne du Tchad est le seul endroit où elle peut affronter seule un ennemi de l'Axe sur un front terrestre. De Gaulle fixe deux objectifs à Leclerc : Koufra et le Fezzan.

Koufra n'est pas choisi au hasard. Dans le sud-est libyen, l'oasis abrite un aérodrome et le fort d'El Tag, un carré d'environ 150 mètres de côté aux murs épais. Qui la tient contrôle de fait tout le sud-est de la Libye ; ses avions menacent le Tchad.

02Janvier 1941Mourzouk

Le raid où tombe d'Ornano

La première action contre les Italiens est menée avec les Britanniques. Le Long Range Desert Group, unité britannique de patrouilles motorisées à longue distance où servent de nombreux Néo-Zélandais, lance un raid contre l'oasis de Mourzouk, dans le Fezzan. Sous les ordres du major Clayton, la patrouille vient du Caire et recueille en chemin un petit détachement français, dont le capitaine Jacques Massu, conduit par le lieutenant-colonel Jean Colonna d'Ornano.

Officier saharien expérimenté, d'Ornano commandait avant la guerre le cercle du Borkou-Ennedi-Tibesti. Il a participé au ralliement du Tchad, puis mis son expérience au service de Leclerc pour préparer l'offensive vers la Libye. Il a obtenu, selon l'Ordre de la Libération, l'honneur d'être le premier à attaquer l'ennemi italien.

Le 11 janvier 1941, la colonne frappe Mourzouk. L'aérodrome est attaqué, un hangar et les avions qu'il abrite sont incendiés, des prisonniers sont faits. Mais d'Ornano est tué au cours du combat. Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume par un décret du 31 janvier 1941. Inhumé d'abord à Mourzouk, il repose aujourd'hui à Ajaccio. Le lendemain, 12 janvier, les méharistes du capitaine Sarazac attaquent sans succès le poste de Tedjéré.

Ces raids ont montré que l'on peut frapper loin dans le désert. Ils ont aussi alerté les Italiens. Leclerc décide de poursuivre.

Archive · Fig. 01Un camion du Long Range Desert Group dans les dunes, mars 1941 : des patrouilles du LRDG ont accompagné les Français libres du Tchad au début de 1941.Imperial War Museum (E 2298), domaine public · source
≈ 400hommes dans la colonne, dont environ 250 combattants
1seul canon de 75 pour le siège du fort
302prisonniers à la reddition d'El Tag
3 ans 8 mois 21 joursentre le serment et Strasbourg
03Janvier – février 1941De Faya-Largeau au puits de Sarra

Racler les fonds de tiroir

Pour Koufra, Leclerc ne dispose que de moyens dérisoires. Le général Massu, qui en était, l'a rappelé bien plus tard dans la revue L'Espoir :

« Il dira lui-même, plus tard, qu'il lui a fallu racler les fonds de tiroir. »
Général Jacques Massu, L'Espoir, juin 1996

Selon le ministère des Armées, la colonne compte environ 400 hommes, dont 250 combattants, le reste étant des conducteurs et des aides, sur une soixantaine de véhicules. Elle réunit une compagnie portée, le groupe nomade de l'Ennedi, une section d'artillerie confiée au lieutenant Ceccaldi et deux sections de la 7e compagnie. La grande majorité des hommes sont des tirailleurs africains, encadrés par environ 150 Européens. Les chiffres varient selon les sources : certains récits retiennent 350 hommes, d'autres ne comptent que les 250 combattants. La colonne est motorisée ; les méharistes, eux, ont surtout servi dans les raids préparatoires.

L'armement tient en quelques lignes : un canon de 75 de montagne, un mortier de 81, quatre mitrailleuses, vingt-six fusils-mitrailleurs. Dans le ciel, quelques bombardiers Blenheim et avions de liaison. En face, le fort et sa compagnie saharienne motorisée réunissent près de 400 combattants, appuyés par des avions basés sur place.

Les premiers éléments quittent Faya-Largeau, à près de mille kilomètres au nord de Fort-Lamy, le 25 et le 26 janvier 1941, et installent une base avancée à Ounianga. Fin janvier, une mauvaise nouvelle arrive : la patrouille britannique du major Clayton, qui devait éclairer la route, a été interceptée par la compagnie saharienne italienne dans la région du Gebel Sherif. Clayton est fait prisonnier, les Britanniques se replient vers l'Égypte. L'effet de surprise est perdu. Leclerc maintient l'opération.

La colonne atteint le puits de Sarra le 1er février. Du 2 au 5 février, les avions français bombardent Koufra, sans grands résultats. Du 7 au 9 février, Leclerc pousse lui-même une reconnaissance jusqu'à l'oasis avec une soixantaine d'hommes, pour « tâter » la forteresse, selon l'expression rapportée par l'association des anciens de la 2e DB. Le 17 février, la colonne quitte Sarra pour l'assaut.

Archive · Fig. 02Flamme d'un véhicule de la colonne Leclerc, portée dans le désert entre 1940 et 1943.Paris Musées / musée de la Libération de Paris, CC0 · source
0418 – 19 février 1941Abords de Koufra

La Sahariana mise en fuite

Le principal danger n'est pas le fort, mais la Compagnie saharienne de Koufra, la « Sahariana », unité motorisée italienne, rapide, armée de mitrailleuses et soutenue par l'aviation. C'est elle qui a mis en échec la patrouille de Clayton quelques semaines plus tôt.

Le 18 février, la colonne française l'accroche. Le 19, les Italiens contre-attaquent et échouent. Débordés, ils décrochent et sont poursuivis, selon le ministère des Armées, sur près de 150 kilomètres sans être rejoints. Pour la garnison d'El Tag, c'est un coup très dur : la force mobile qui devait la secourir a quitté le champ de bataille. Le siège peut commencer.

Archive · Fig. 03L'oasis de Koufra vue d'avion, vers 1930 : c'est ce bastion italien, isolé au cœur du désert libyen, que vise la colonne partie du Tchad.photographe inconnu, domaine public (Wikimedia Commons) · source
0519 février – 1er mars 1941Fort d'El Tag

Dix jours, un canon

Leclerc n'a pas les moyens de prendre d'assaut un fort défendu par des armes lourdes. Il choisit d'user la garnison et de lui faire croire qu'elle affronte une force bien plus importante. C'est ce que le ministère des Armées appelle « faire du volume » : le canon de 75 est régulièrement déplacé et tire depuis plusieurs positions, le mortier est installé à environ 1 500 mètres au nord-ouest du fort, des patrouilles motorisées tournent autour de la place jour et nuit.

La tradition retient l'image de ce canon unique, servi par la section du lieutenant Ceccaldi, qui frappe le fort jour après jour en changeant d'emplacement. Le détail exact des tirs varie selon les récits, mais l'idée est confirmée par toutes les sources : à Koufra, l'artillerie française se résume à une seule pièce.

La chance s'en mêle. Un bombardement italien sur le poste de commandement de Leclerc s'interrompt, selon le ministère des Armées, après une méprise des pilotes, qui croient voir des chasseurs français venus renforcer la colonne. À l'intérieur du fort, les défenseurs, coupés de tout secours, voient le temps jouer contre eux.

Le 28 février, des pourparlers s'ouvrent. Le 1er mars 1941, Leclerc entre dans le fort par la porte ouverte et dicte les conditions d'une reddition honorable. La garnison capitule : plus de 300 prisonniers, soit 11 officiers et 18 soldats italiens et 273 soldats libyens. Le bilan humain est faible des deux côtés : 3 tués et 4 blessés chez les Italiens, 4 morts et 21 blessés chez les Français. Les vainqueurs récupèrent quatre canons de 20, cinquante-trois mitrailleuses, quatorze véhicules, des munitions et des vivres.

Koufra est présentée comme la première victoire de la France Libre. Plus exactement, c'est la première obtenue sous commandement uniquement français, sans appui britannique au sol : quelques jours plus tôt, en Érythrée, des Français libres s'étaient déjà battus à Kub-Kub, mais au sein d'un dispositif britannique. De Gaulle mesure aussitôt la portée du symbole. Son message à Leclerc est cité sous deux formes : « Les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse », ou bien « Vous avez ramené la victoire sous les plis du drapeau, je vous embrasse ! »

062 mars 1941Fort d'El Tag

Le serment et ses versions

Le 2 mars 1941, le drapeau français est hissé sur le fort de Koufra. Dans la cour, Leclerc réunit ses hommes et leur fait prêter un serment. C'est la version suivante que retiennent le ministère des Armées, l'association des anciens de la 2e DB et les commémorations, et que reprend la chanson :

« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »
Colonel Leclerc, Koufra, 2 mars 1941, version commémorée

Cette phrase n'a pas été enregistrée ; elle nous est parvenue par les témoins. Leurs souvenirs ne concordent pas mot pour mot. Le site de l'Ordre de la Libération donne une forme à la première personne : « Jurons de ne déposer les armes… ». Une autre version, reprise notamment par Hérodote et rapprochée du témoignage du lieutenant Ceccaldi, l'artilleur du siège, commence par « Nous sommes en marche » et parle du drapeau français flottant « sur la cathédrale de Strasbourg ». D'autres, rattachées au récit de Raymond Dronne, citent Metz et Strasbourg ensemble ; certaines associent Paris à Strasbourg.

« Nous avons plusieurs versions et ce ne sont jamais les mêmes. »
Sylvain Cornil-Frerrot, Fondation de la France Libre, à France 24, 2 mars 2021

L'historien de la Fondation de la France Libre ajoute qu'on ne sait pas avec certitude si Leclerc a fait prêter un véritable serment ou prononcé une allocution exposant son but. L'idée, elle, ne fait pas débat : le drapeau français et la libération de Strasbourg. Le choix de cette ville n'a rien d'anodin. Annexée de fait par le Reich depuis l'été 1940, l'Alsace est le symbole de ce que la défaite a arraché à la France, et Strasbourg se trouve à environ 3 000 kilomètres à vol d'oiseau de Koufra.

Le serment engage des hommes qui n'ont, ce jour-là, ni chars, ni division, ni allié capable de les mener en Europe. Le 6 mars 1941, Leclerc est fait Compagnon de la Libération. En 1942, une agrafe « Koufra » est créée pour la médaille coloniale, attribuée à tous ceux qui ont pris part aux opérations de 1941.

071942 – 1944Du Fezzan à Strasbourg

Trois ans, huit mois, vingt et un jours

Leclerc, promu général, se tourne ensuite vers le Fezzan. Une première campagne, en février et mars 1942, frappe les postes italiens puis revient au Tchad. La seconde, lancée en décembre 1942 avec plusieurs milliers d'hommes, emporte les forts un à un : Oum el Araneb capitule le 4 janvier 1943, Gatroun le 6. Le 8 janvier, les hommes de Leclerc, parmi lesquels Massu, entrent à Mourzouk, là même où d'Ornano était tombé deux ans plus tôt. Le 26 janvier 1943, la colonne arrive à Tripoli, acclamée, et Leclerc rencontre Montgomery, chef de la 8e armée britannique.

Rééquipée, la colonne devient la « Force L ». Elle entre en Tunisie le 20 février 1943 et couvre le flanc gauche de l'armée de Montgomery face à la ligne Mareth. Le 10 mars, à l'oasis de Ksar Rhilane, elle affronte pour la première fois la Wehrmacht et repousse l'attaque allemande avec l'appui de la Royal Air Force. Plusieurs hommes de Koufra tombent pendant cette campagne de Tunisie, qui s'achève en mai 1943.

Réorganisée et renforcée en Afrique du Nord, puis rééquipée de matériel américain au Maroc, la Force L forme l'ossature de la 2e division blindée. La 2e DB débarque à Utah Beach, en Normandie, à partir du 1er août 1944. Le 25 août, Leclerc entre dans Paris et reçoit la reddition du général von Choltitz.

Puis vient l'Est, la Lorraine, les Vosges. Le 23 novembre 1944, la 2e DB lance son attaque sur Strasbourg ; l'une de ses colonnes traverse la ville, et ce jour-là un drapeau français flotte au sommet de la flèche de la cathédrale. Entre le 2 mars 1941 et le 23 novembre 1944, il s'est écoulé trois ans, huit mois et vingt et un jours. Le récit de cette journée, de son message codé et du drapeau hissé sur la flèche est celui de « Tissu est dans Iode », la chanson qui referme le diptyque.

08Depuis 1944Koufra, Paris, Strasbourg

La mémoire du serment

Le nom de Koufra a survécu à ceux qui l'ont prononcé. Il désigne la deuxième promotion de l'École militaire interarmes, la promotion « Serment de Koufra » (1962-1963). Le titre même du livre que Raymond Dronne, officier de Leclerc qui entrera le premier dans Paris avec ses hommes le 24 août 1944, consacre en 1965 aux campagnes du Tchad est « Le Serment de Koufra ». Chaque anniversaire de la libération de Strasbourg, fin novembre, ramène aussi le souvenir de la promesse faite dans le désert.

En France, le serment est inscrit dans le paysage. Le long de la « Voie de la 2e DB », qui relie la Normandie à l'Alsace en suivant l'itinéraire de la division, des « bornes du serment de Koufra » sont posées depuis 2004, la première à Utah Beach ; de nouvelles sont encore inaugurées par des communes libérées par la 2e DB. À Paris, le musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin, place Denfert-Rochereau, conserve photographies et souvenirs de l'épopée africaine. Mort dans un accident d'avion en Afrique du Nord le 28 novembre 1947, Leclerc repose dans la crypte des Invalides ; il a été élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1952.

Le fort d'El Tag, lui, se trouve toujours en Libye, loin des circuits de mémoire. Ce qu'il reste de Koufra, ce sont surtout des noms, des photographies, quelques souvenirs de témoins, et une phrase dont personne ne connaît la forme exacte mais dont tout le monde connaît le sens.

« Le Serment » suit la colonne depuis Faya-Largeau : quatre cents hommes à peine, un canon de 75 et un colonel boiteux qui marche avec une canne. Leclerc y est colonel, comme il l'était réellement à Koufra, et la colonne y est d'abord une affaire de camions qui s'ensablent ; les méharistes évoqués dans les vers renvoient surtout aux raids préparatoires, comme Mourzouk.

Le refrain reprend mot pour mot la version commémorée du serment, en sachant qu'il en existe d'autres. Le pont égrène le chemin qui restait à faire, du Fezzan aux Vosges, et compte les trois ans, huit mois et vingt et un jours, calculés au jour près. La chanson s'arrête là où commence « Tissu est dans Iode », dont le pont reprend la mélodie du refrain de Koufra : le drapeau hissé sur la cathédrale en novembre 1944 est le même que celui que la chanson fait naître dans le désert. Pour l'avant, « Jouer le jeu » raconte le Tchad, d'où partit la colonne ; pour l'étape suivante, « Les cloches du 24 août » suit la 2e DB de Leclerc dans Paris.

Lieu de mémoire · Fig. 04Le serment de Koufra, gravé à Strasbourg sur le monument du maréchal Leclerc, place Broglie.Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 · source

Les paroles

Marche de guerre épique, tambours lourds, chœurs d'hommes en répons
Couplet 1

Ils sont partis de Faya, quatre cents à peine,

Des méharistes, des tirailleurs, des fous,

Mille kilomètres de sable et de cailloux,

Un seul canon de 75 pour eux tous.

Les camions s'ensablent, on pousse, on déterre,

On roule la nuit pour tromper les avions,

On boit rare, on avance, on serre les mâchoires —

Avancer, c'est déjà toute la mission.

Couplet 2

Le fort d'El Tag dort sous le drapeau vert-blanc-rouge,

L'Italie se croit loin de toute menace —

Mais dans le désert, quelque chose bouge :

Un colonel boiteux qui porte une canne et qui passe.

Hauteclocque est son nom, Leclerc est sa guerre,

Pour protéger les siens restés au pays,

Dix jours de siège, le canon solitaire

Qui frappe le fort, méthodique, sans répit.

Refrain

Jurez ! — Nous le jurons !

De ne déposer les armes — Jamais !

Que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs,

Flotteront sur la cathédrale de Strasbourg !

C'est un serment de fous, c'est un serment de rois,

Lancé d'une oasis perdue au bout du monde —

Mais retenez ce nom, retenez cette voix :

Koufra ! Premier maillon de l'onde !

Couplet 3

Le 1er mars, El Tag rend les armes sans gloire,

Et le 2 au matin, les couleurs sont hissées,

Quatre cents hommes au garde-à-vous dans l'Histoire,

Une poignée de Français à mille lieues du foyer.

C'est la première victoire purement française

Depuis que le pays s'est couché dans le deuil —

Une oasis reprise au bout de la fournaise :

La France Libre vient de regagner son orgueil.

Refrain

Jurez ! — Nous le jurons !

De ne déposer les armes — Jamais !

Que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs,

Flotteront sur la cathédrale de Strasbourg !

C'est un serment de fous, c'est un serment de rois,

Lancé d'une oasis perdue au bout du monde —

Mais retenez ce nom, retenez cette voix :

Koufra ! Premier maillon de l'onde !

Chœurs de guerre

Koufra ! — Strasbourg !

Le sable ! — La flèche !

La parole ! — Tenue !

Les couleurs ! — Hissées !

Instrumental · tambours, puis cuivres, marche qui enfle en charge

Pont

Strasbourg est à trois mille kilomètres.

Entre eux et la flèche de la cathédrale :

le Fezzan, la Tunisie, la Normandie, Paris, les Vosges.

Trois ans, huit mois, vingt et un jours.

Ils iront.

Couplet 4

Chaque année qui suivra, ils reprendront la piste,

Le Fezzan, Mourzouk, les palmeraies sous le feu,

La colonne grandit, le serment résiste,

De la colonne naîtra la Deuxième DB.

Et toi qui m'écoutes, toi qui vises trop bas,

Toi qu'on a dressé à viser le possible —

Regarde ces quatre cents devant un fort de pierre :

Jure l'impossible. Et marche. L'impossible se rend toujours.

Refrain

Jurez ! — Nous le jurons !

De ne déposer les armes — Jamais !

Que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs,

Flotteront sur la cathédrale de Strasbourg !

C'est un serment de fous, c'est un serment de rois,

Lancé d'une oasis perdue au bout du monde —

Mais retenez ce nom, retenez cette voix :

Koufra ! Premier maillon de l'onde !

Final

Jurez ! — Nous le jurons !

Et souvenez-vous, quand vous verrez Strasbourg :

Ce drapeau-là est né dans le désert !

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