Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1942, au premier soir de la seconde bataille d'El Alamein, les légionnaires de la 13e DBLE attaquent le massif d'El Himeimat pour retenir l'ennemi au sud du front. Le piton ne sera pas pris. La diversion, elle, joue son rôle. Au matin, pendant le repli, le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari, prince géorgien devenu officier de la Légion étrangère, est mortellement blessé.
01Octobre 1942El Alamein, Égypte
Le front figé d'El Alamein
À l'automne 1942, la guerre du désert se joue sur une bande de terre d'une soixantaine de kilomètres. Au nord, la Méditerranée et la petite gare d'El Alamein, à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Alexandrie. Au sud, la dépression de Qattara, immense cuvette de sable et de sel que les blindés ne peuvent pas traverser. Entre les deux, depuis l'été, les armées se font face derrière des champs de mines.
L'armée germano-italienne du maréchal Rommel s'est arrêtée là en juillet, après avoir pris Tobrouk. Si elle perce, c'est l'Égypte, le canal de Suez et la route du pétrole du Moyen-Orient qui s'ouvrent devant elle. Le général Montgomery, qui commande la 8e armée britannique depuis le mois d'août, prépare la contre-offensive. Selon Chemins de mémoire, il aligne environ 200 000 hommes et un millier de chars, face à quelque 110 000 hommes et 500 chars du côté de l'Axe.
Dans cette armée se trouvent des Français libres : la 1re et la 2e brigade française libre, venues de Libye et de Syrie. La 1re brigade est celle du général Koenig, celle de Bir Hakeim, quatre mois plus tôt. Son unité la plus célèbre est la 13e demi-brigade de Légion étrangère, la 13e DBLE, commandée par un lieutenant-colonel de trente-cinq ans : le prince Dimitri Amilakvari.
021906 – 1940Géorgie, Saint-Cyr, Norvège
Un prince devenu légionnaire
Dimitri Amilakvari naît le 12 novembre 1906 en Géorgie, à Gori selon l'Ordre de la Libération ; d'autres biographies donnent une autre date et Bazorkino comme lieu de naissance. Il appartient à une grande famille princière, qui détient la charge de grand écuyer de la Couronne de Géorgie. En 1921, l'Armée rouge envahit la jeune république géorgienne : la famille prend le chemin de l'exil, par Constantinople, et gagne la France.
Admis à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1924, il en sort deux ans plus tard avec la promotion du Rif. En 1926, il est affecté comme sous-lieutenant au titre étranger à la Légion étrangère, au 1er régiment étranger, à Sidi-Bel-Abbès en Algérie. Il ne la quittera plus. Au Maroc, avec le 4e régiment étranger, il est cité en 1932 pour les combats d'Aït-Atto, puis en 1933 au djebel Baddou. Il devient capitaine en 1937.
Au printemps 1940, quelques semaines avant de recevoir la nationalité française, il est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère, formée pour une expédition lointaine. Il part avec elle pour la Norvège, où le corps expéditionnaire franco-britannique combat les Allemands autour de Narvik. Commandant de la compagnie d'accompagnement du 2e bataillon, il y gagne trois citations et la croix de chevalier de la Légion d'honneur.
Archive · Fig. 01Le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari, chef de corps de la 13e DBLE, en 1942.Auteur inconnu, domaine public · source
23 – 24 oct.nuit de l'assaut d'El Himeimat
9 h 25ordre de repli donné par Amilakvari
23 tuéset 100 blessés français, selon Chemins de mémoire
16 ansde Légion pour Amilakvari (1926 – 1942)
031940 – 1942Londres, Érythrée, Bir Hakeim
Le choix de la France Libre
Rentré en Bretagne avec le corps expéditionnaire le 16 juin 1940, Amilakvari refuse de s'arrêter là. Le 19 juin, il embarque à Saint-Jacut-de-la-Mer avec quelques officiers de la « 13 », dont leur chef, le colonel Magrin-Vernerey, futur Monclar. Par Jersey, ils atteignent l'Angleterre le 21 juin. Il s'engage dans les Forces françaises libres en restant légionnaire.
Commence alors un long tour d'Afrique : l'expédition manquée de Dakar en septembre 1940, puis le Cameroun. L'Ordre de la Libération rapporte qu'il refuse de participer à l'opération du Gabon pour ne pas avoir à tirer sur des Français. En 1941, en Érythrée, avec la Brigade d'Orient, il prend part à la victoire de Keren le 27 mars et à la prise de Massaouah le 8 avril. Vient ensuite la campagne de Syrie, en juin 1941.
Le 16 septembre 1941, il reçoit le commandement de la 13e DBLE ; il est promu lieutenant-colonel neuf jours plus tard. Le 19 octobre, à Homs, le général Catroux lui remet le drapeau de la demi-brigade. Pendant le siège de Bir Hakeim, du 26 mai au 11 juin 1942, il est l'adjoint du général Koenig. Le 31 mai, à la tête d'une colonne mobile, il détruit cinq chars allemands. Dans la nuit de la sortie, il quitte la position dans la voiture du général.
C'est à cette époque que la tradition de la Légion place la phrase qui lui reste attachée. Aucun original n'en est publié à notre connaissance, et elle circule en deux versions, avec « une seule façon » ou « une seule manière ». Le 10 août 1942, au camp d'El Tahag, en Égypte, le général de Gaulle lui remet en personne la croix de la Libération. Le décret qui le fait Compagnon est daté du 9 septembre 1942.
« Nous, étrangers, n'avons qu'une seule façon de prouver à la France notre gratitude : nous faire tuer pour elle. »
Phrase attribuée à Dimitri Amilakvari, que la tradition situe à Bir Hakeim, 1942Archive · Fig. 02Un légionnaire de la France libre dans le désert occidental, 1942.Office of War Information / Library of Congress, domaine public · source
0423 octobre 1942Secteur sud d'El Alamein
Une diversion dans le plan Montgomery
Le plan de Montgomery repose sur un coup de force au nord. C'est là que l'infanterie doit ouvrir des couloirs dans les champs de mines pour faire passer les blindés. Mais pour que la percée réussisse, il faut que l'ennemi garde une partie de ses réserves, et surtout ses divisions blindées, loin de l'endroit décisif. Au sud, le 13e corps britannique doit donc attaquer assez fort pour faire croire que l'effort pourrait aussi venir de là.
La mission la plus exposée revient à la 1re brigade française libre. Selon Chemins de mémoire, elle lui est confiée malgré les objections du général Koenig. Son objectif est le massif d'El Himeimat, que les cartes britanniques appellent Qaret el Himeimat : un plateau rocheux qui surplombe tout le secteur sud. Rommel l'a pris au mois d'août. Il s'élève d'environ 80 mètres selon l'Ordre de la Libération, et le général Saint Hillier, qui était sur place, décrit une face sud en escarpement de 118 mètres, infranchissable même pour les véhicules à chenilles.
Le dispositif prévoit que les Français attaquent par le sud pendant que la 7e brigade blindée britannique aborde le plateau par le nord et les couvre contre les chars. Le but, écrit Saint Hillier, est d'attirer la 21e Panzer allemande et de l'empêcher d'intervenir au nord. En face, les pentes sont tenues par des parachutistes italiens de la division Folgore, appuyés par l'artillerie et les blindés allemands. Trois champs de mines couvrent l'objectif.
Le groupement A, chargé de l'effort principal, est confié à Amilakvari. Il réunit sa demi-brigade, réduite à deux bataillons : le 1er bataillon du chef de bataillon de Bollardière et le 2e du chef de bataillon Bablon, avec une compagnie nord-africaine, trois chars Crusader, des automitrailleuses et des autocanons de spahis, et un détachement du génie. Parmi les combattants figurent le capitaine Pierre Messmer et le jeune Hubert Germain, qui sera beaucoup plus tard le dernier Compagnon de la Libération.
Archive · Fig. 03Le soir du 23 octobre 1942, le barrage d'artillerie britannique ouvre la seconde bataille d'El Alamein.Imperial War Museum (E 18465), domaine public · source
05Nuit du 23 au 24 octobre 1942El Himeimat
L'assaut du piton
Le 23 octobre au soir, sous une lune presque pleine choisie pour faciliter le déminage, l'artillerie britannique ouvre le feu sur tout le front. Le journal de marche d'une batterie du 1er régiment d'artillerie français note que la Légion est partie à 21 heures, que les véhicules atteignent le premier champ de mines vers une heure du matin, et que le terrain est « très difficile ». Il faut, selon Saint Hillier, cinq heures de marche pour atteindre le pied du plateau, dans le sable et la rocaille.
Vers 2 heures, d'après Chemins de mémoire, le 1er bataillon se lance à l'assaut. Il se heurte aux mines et au tir des armes automatiques, des mortiers et des canons antichars. Saint Hillier rapporte que la radio ne passe pas dans cette zone : impossible d'appeler l'artillerie en appui. Des blindés de reconnaissance de la 21e Panzer apparaissent sur le flanc gauche et obligent le bataillon à reculer pas à pas.
Amilakvari engage alors le 2e bataillon pour enlever les hauteurs. Selon Saint Hillier, les compagnies Lalande et Messmer abordent les parachutistes italiens à la baïonnette, et une partie du plateau est occupée, avec une centaine de prisonniers. L'Ordre de la Libération confirme qu'« une partie du plateau est occupée ». Mais au lever du jour, les Italiens contre-attaquent et des blindés allemands débouchent. La 7e brigade blindée britannique, gênée par les champs de mines, n'est pas au rendez-vous. Les légionnaires sont seuls, à découvert, et les munitions s'épuisent.
Vers 8 heures, un groupement blindé venu de l'ouest est lancé contre le 1er bataillon. Le repli commence sous le feu. Saint Hillier raconte que les camions sont incendiés un à un par l'artillerie ennemie et que les canons antichars de 75 sont tirés à bras, reculant et tirant l'un après l'autre. Les horaires varient légèrement d'un récit à l'autre : Chemins de mémoire indique qu'à 9 h 25, Amilakvari est contraint de donner l'ordre général de repli. Le piton n'a pas été pris. L'assaut a échoué.
0624 octobre 1942El Himeimat
La mort d'Amilakvari
Le lieutenant-colonel ferme la marche au milieu des champs de mines. C'est là, vers 10 heures selon les récits de la Légion, qu'une salve d'obus le frappe. Un éclat l'atteint à la tête. L'Ordre de la Libération écrit qu'il « tombe au milieu de ses hommes ». Un site consacré à l'histoire de la Légion ajoute qu'il venait de refuser de monter dans l'automitrailleuse d'un officier d'artillerie britannique, et qu'il serait mort dans la journée après avoir été ramené vers l'arrière : sur ses derniers instants, les témoignages publiés ne concordent pas tout à fait.
Il porte ce jour-là le képi noir des officiers de la Légion de l'époque, le képi blanc étant réservé aux légionnaires du rang. Son képi et l'éclat qui l'a tué sont conservés aujourd'hui dans la salle d'honneur du musée de la Légion étrangère, à Aubagne. Il avait trente-cinq ans et laissait trois enfants.
Les survivants rejoignent le Qor el Laban au début de l'après-midi, épuisés. Le commandant Bablon prend la tête de la demi-brigade. Pendant que la Légion se replie, le combat continue dans la plaine : les autocanons des spahis du capitaine de Kersauson et les chars français repoussent les blindés allemands, et l'artillerie harcèle le plateau.
07Octobre – novembre 1942De l'Égypte à la Libye
Ce que la diversion a obtenu
Le bilan humain diffère selon les sources et selon ce qu'elles comptent. Chemins de mémoire donne pour les Français 23 tués, dont 2 officiers, et 100 blessés, dont 8 officiers. Le général Saint Hillier estime de son côté que la Légion a perdu environ un quart de ses effectifs engagés et qu'une quarantaine de morts et de blessés sont restés au flanc d'El Himeimat. Ces écarts tiennent sans doute au périmètre retenu, unité ou brigade, nuit de l'assaut ou journées suivantes.
L'attaque a échoué sur le terrain, mais elle a rempli sa fonction dans le plan d'ensemble. Le secteur sud a retenu l'attention et une partie des blindés de l'Axe pendant que la bataille décisive se jouait au nord. Saint Hillier juge la mission de fixer la 21e Panzer au sud remplie, et l'association de la 1re DFL écrit que la Légion a contribué à immobiliser des divisions blindées. Les Français libres mènent ensuite, avec des divisions britanniques, des attaques de diversion que Saint Hillier résume ainsi : « fausses attaques, mais vrais combats ».
La bataille d'El Alamein dure près de deux semaines. Rommel, absent au déclenchement, reprend son commandement le 25 octobre et la résistance se durcit. Montgomery relance plusieurs fois l'offensive, jusqu'à la percée du 2 novembre. Le 4 novembre, l'armée germano-italienne bat en retraite vers la Libye. Le 8 novembre, Américains et Britanniques débarquent au Maroc et en Algérie. Au printemps 1943, les forces de l'Axe sont chassées d'Afrique, en Tunisie, où la 13e DBLE combat de nouveau, à Takrouna.
Chemins de mémoire résume la place des Français dans cette bataille : une participation limitée en effectifs, mais d'une portée symbolique, car elle marque l'engagement de la France Libre aux côtés des Britanniques en Afrique du Nord. Churchill, lui, fera d'El Alamein le tournant de la guerre, dans une formule volontairement frappante.
« Avant El Alamein, nous n'avions jamais remporté de victoire. Après El Alamein, nous n'avons jamais connu de défaite. »
Winston Churchill, The Hinge of Fate, 1950 (traduction)
08Depuis 1942El Alamein, Aubagne, Gori
La mémoire du képi noir
Amilakvari est d'abord enterré sur les pentes d'El Himeimat, le lendemain de sa mort. Après la guerre, son corps est transféré au cimetière militaire d'El Alamein, où il repose dans le carré français. Chemins de mémoire signale qu'une croix blanche marque à El Alamein le lieu de son décès. Des détachements de la Légion sont venus s'y recueillir.
En France, son nom est porté par une promotion de Saint-Cyr, celle de 1954-1956, « Lieutenant-colonel Amilakvari » : une école d'officiers a choisi pour modèle un de ses anciens élèves. À Aubagne, la maison mère de la Légion étrangère conserve son képi dans sa salle d'honneur, au cœur du musée. À Paris, l'Ordre de la Libération, aux Invalides, garde ses dossiers et des photographies de la remise de sa croix par de Gaulle à El Tahag.
La Géorgie, elle aussi, l'a fait sien. Pour le centenaire de sa naissance, en novembre 2006, Géorgiens et Français ont inauguré une rue Amilakvari à Gori et une salle à son nom au musée local. En septembre 2021, la présidente de Géorgie, Salomé Zourabichvili, lui a décerné à titre posthume le titre de Héros national ; la distinction a été remise à ses descendants aux Invalides, à Paris.
Pour qui veut voir les lieux, le musée de la Légion étrangère à Aubagne et le musée de l'Ordre de la Libération aux Invalides sont les deux étapes essentielles en France. En Égypte, les cimetières et mémoriaux militaires d'El Alamein, sur la route côtière, rassemblent les morts des deux camps. Le massif d'El Himeimat, plus au sud, est resté un piton nu dans le désert.
09Aujourd'huiLe Piton
Une bataille sans récit
El Himeimat n'a pas la célébrité de Bir Hakeim. Ce n'est pas une victoire française, et le piton n'a jamais été tenu. C'est une mission ingrate, acceptée et exécutée : attaquer pour que d'autres puissent percer, et se replier quand l'objectif devient intenable. Dans les grandes batailles, il y a ces combats que personne ne raconte et sans lesquels le récit principal n'existerait pas.
La chanson « Le Piton » parle de cela. Elle ne prétend jamais que le piton a été pris : elle chante des hommes montés « pour que l'Histoire bascule », dans une bataille « sans récit ». Elle reprend les mots attribués à Amilakvari et son képi noir, et elle rappelle que ceux qui n'étaient pas nés français ont donné plus que leur sang. Le lien avec « Bir Hakeim » est direct, car ce sont les mêmes hommes quatre mois plus tôt. Celui avec « Le Dernier Compagnon » aussi, car Hubert Germain était dans le désert au pied d'El Himeimat cette nuit-là.
Les paroles
Ballade sombre qui devient charge, violoncelle, chœur a cappella
Couplet 1
Au sud de la ligne, là où finit la carte,
Un piton de roche noire monte la garde :
El Himeimat — retiens ce nom écorché,
C'est le verrou du désert, et il faut le forcer.
Cette nuit Montgomery lance El Alamein,
Mille canons déchirent le nord du ciel —
Et tout au sud, pour tromper l'incertain,
On envoie les Français à l'assaut du mortel.
Couplet 2
Leur mission tient en un mot : diversion.
Fixer les chars, attirer le regard,
Faire croire au grand coup dans leur direction
Pendant que le nord enfonce le rempart.
Le sable est si mou que les armes s'enlisent,
Les pentes si raides qu'on grimpe à mains nues,
Et là-haut les blindés attendent dans la nuit grise —
Des chars d'acier contre des poitrines nues.
Refrain
Ils sont montés dans le sable qui s'éboule,
Sous les fusées blanches et le feu des chars !
Ils sont montés pour que l'Histoire bascule,
Sachant très bien qu'on ne les verrait pas !
Il y a des victoires qui portent des noms d'oubli,
Des sommets qu'on ne prend que pour donner du temps —
El Himeimat ! Bataille sans récit !
Mais demande à l'Égypte : la France était dedans !
Couplet 3
Devant la Treizième marche un prince de légende,
Amilakvari, Géorgien, képi au vent,
Seize ans de Légion, l'élégance pour offrande,
Il garde son képi face au feu, en avançant.
Au matin du 24, l'éclat d'obus le fauche,
Et le désert se tait sur l'uniforme clair —
Il disait : « Nous, étrangers, n'avons qu'une seule façon
De prouver à la France notre gratitude : nous faire tuer pour elle. »
Refrain
Ils sont montés dans le sable qui s'éboule,
Sous les fusées blanches et le feu des chars !
Ils sont montés pour que l'Histoire bascule,
Sachant très bien qu'on ne les verrait pas !
Il y a des victoires qui portent des noms d'oubli,
Des sommets qu'on ne prend que pour donner du temps —
El Himeimat ! Bataille sans récit !
Mais demande à l'Égypte : la France était dedans !
Pont
Képi noir ! Képi noir !
Plus noir que la nuit d'Égypte !
Ceux qui n'étaient pas nés français
Lui ont donné plus que le sang !
Instrumental · violoncelle sur tambours de guerre, montée en charge
Couplet 4
Churchill dira plus tard, pesant ses paroles :
« Avant El Alamein, jamais de victoire ;
Après El Alamein, jamais de défaite » —
Et dans cette bascule, il y a leur mémoire.
Toi qui crois qu'on ne te voit pas te battre,
Que tes efforts se perdent dans l'ombre des grands —
Souviens-toi du piton au sud de la carte :
Les batailles obscures gagnent les guerres de géants.
À Saint-Cyr, une promotion porte le nom du Géorgien —
Quand une école de chefs choisit ses fantômes,
C'est qu'ils ont encore des hommes à former.
Refrain
Ils sont montés dans le sable qui s'éboule,
Sous les fusées blanches et le feu des chars !
Ils sont montés pour que l'Histoire bascule,
Sachant très bien qu'on ne les verrait pas !
Il y a des victoires qui portent des noms d'oubli,
Des sommets qu'on ne prend que pour donner du temps —
El Himeimat ! Bataille sans récit !
Mais demande à l'Égypte : la France était dedans !
Final
El Himeimat — bataille sans récit.
Ce soir tu connais son nom : transmets-le. C'est un ordre. C'est gagné.