En novembre 1944, la 2e division blindée du général Leclerc franchit les Vosges par des routes jugées impraticables, enlève Saverne et fonce sur Strasbourg. Le 23 au matin, un message codé de quatre mots, « Tissu est dans Iode », annonce que ses chars sont entrés dans la ville. À 14 h 20, un drapeau tricolore improvisé flotte sur la flèche de la cathédrale : le serment de Koufra est tenu.
011940 – 1944Alsace
Une province annexée de fait
Pour comprendre ce que signifie le drapeau hissé sur la cathédrale de Strasbourg le 23 novembre 1944, il faut revenir à l'été 1940. Après l'armistice, l'Alsace et la Moselle ne sont pas seulement occupées comme le reste du pays : elles sont annexées de fait par le Reich, comme en 1871. Aucun traité ne le prévoit, mais la frontière est déplacée sur les Vosges, le Gauleiter Robert Wagner prend en main l'Alsace et la germanisation commence. Le français est banni, les noms sont germanisés, les Juifs et les Tsiganes sont expulsés.
À partir d'août 1942, les jeunes Alsaciens et Mosellans sont incorporés de force dans l'armée allemande. Selon la Mission Libération, environ 103 000 Alsaciens et 31 000 Mosellans sont concernés ; on les appelle les « Malgré-nous ». Beaucoup sont envoyés sur le front de l'Est, des dizaines de milliers n'en reviennent pas, et le camp soviétique de Tambov reste un nom douloureux dans les familles. La désertion expose les proches à la déportation. Dans les Vosges, les nazis ouvrent en 1941 le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, le seul sur le territoire français actuel.
Strasbourg, capitale de cette province arrachée, est devenue une ville du Reich. Sa cathédrale, dont la flèche culmine à 142 mètres, est visible à des dizaines de kilomètres dans la plaine. Pour les Français libres, elle devient le symbole de tout ce qui reste à reconquérir.
022 mars 1941Koufra
Une cathédrale pour horizon
Le 1er mars 1941, au cœur du désert libyen, la garnison italienne du fort d'El Tag, à Koufra, capitule devant une colonne française libre partie du Tchad. Le lendemain, son chef, le colonel Leclerc, réunit ses hommes devant le drapeau et leur fait prêter un serment resté célèbre.
« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »
Colonel Leclerc, Koufra, 2 mars 1941 (version retenue par les commémorations ; les témoins en rapportent plusieurs variantes)
L'histoire de ce siège et de ce serment est racontée dans le récit du « Serment », première moitié du diptyque. Ce qu'il faut retenir ici, c'est la distance : plus de 3 000 kilomètres et presque quatre années séparent l'oasis de la cathédrale. Entre les deux, la colonne du Tchad conquiert le Fezzan, rejoint la 8e armée britannique en Tunisie, devient au Maroc la 2e division blindée, débarque en Normandie en août 1944 et libère Paris le 25 août. Dans ses rangs, certains hommes de Koufra sont toujours là ; d'autres sont tombés en route.
≈ 10 h 30Leclerc reçoit « Tissu est dans Iode », le 23 novembre
14 h 20le drapeau est hissé sur la flèche de la cathédrale
≈ 6 000prisonniers allemands à Strasbourg, selon les sources
3 ans 8 mois 21 joursentre le serment de Koufra et Strasbourg
03Octobre – novembre 1944Lorraine et Vosges
Convaincre, puis passer
À l'automne 1944, la 2e DB combat en Lorraine au sein du XVe corps d'armée américain du général Haislip, rattaché à la 7e armée du général Patch. Après Dompaire et la prise de Baccarat, fin octobre, elle est arrêtée devant les Vosges. Les problèmes de carburant pèsent, les défenses allemandes sont solides et, surtout, Strasbourg n'est pas une priorité pour le commandement américain, qui vise les régions industrielles de l'Allemagne plus au nord.
Leclerc plaide pour l'Alsace. Selon la Mission Libération, il reçoit le 10 novembre l'ordre d'avancer vers Haguenau et « éventuellement » vers Strasbourg. Il ne retient que la seconde option. La division compte environ un millier d'Alsaciens ; il en consulte trois sur l'itinéraire, qui lui déconseillent de traverser le massif vosgien, réputé impraticable pour des chars. Leclerc fait précisément l'inverse. C'est ce choix qui fera la surprise.
Le 13 novembre, sous la neige, le XVe corps passe à l'attaque. La 2e DB s'engage dans la bataille : Badonviller est enlevé le 17 novembre, et le lieutenant-colonel de La Horie y est tué le lendemain. Le 19 au matin, Leclerc est à Cirey. Puis la division s'enfonce dans la montagne par des routes forestières étroites, encombrées d'arbres abattus par les Allemands. Les colonnes atteignent Dabo le 21 novembre ; le même soir, le sous-groupement du lieutenant-colonel Rouvillois force le défilé de La Petite-Pierre. L'ordre de Leclerc à ses chefs de colonne tient en quelques lignes.
« Objectif : Strasbourg-pont de Kehl… Ne pas s'attarder, mais charger au maximum… Contourner les résistances… »
Ordre du général Leclerc, novembre 1944, cité par la Mission Libération
Au même moment, plus au sud, la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny perce de son côté : elle atteint le Rhin le 19 novembre et Mulhouse le 21. L'Alsace est attaquée par ses deux extrémités.
Archive · Fig. 01Le général Leclerc en août 1944, trois mois avant Strasbourg.Agence LAPI / Paris Musées, musée Carnavalet, CC0 · source
0422 novembre 1944Saverne
La trouée de Saverne
Le verrou du nord de l'Alsace, c'est la trouée de Saverne, le passage naturel entre le plateau lorrain et la plaine. Plutôt que de l'aborder de front par la grande route de Phalsbourg et le col, Leclerc la déborde. Arrivés par Dabo et La Petite-Pierre, les sous-groupements Massu et Rouvillois, coordonnés par le colonel de Langlade, se rejoignent à l'est de Saverne dans une manœuvre en tenaille, tandis que le sous-groupement Minjonnet contourne la ville par le sud.
Saverne est libérée le 22 novembre, comme Phalsbourg et Marmoutier. Le général Bruhn, qui tentait d'y organiser la défense, est fait prisonnier et conduit devant Leclerc au château de Birkenwald, où le chef de la 2e DB a installé son poste de commandement depuis le 21 au soir. Ce 22 novembre est aussi le jour de ses 42 ans. La plaine d'Alsace est ouverte : Strasbourg n'est plus qu'à une quarantaine de kilomètres.
Leclerc décide d'attaquer dès le lendemain, sans attendre que toute la division ait franchi les Vosges. Il compte sur la vitesse : à Strasbourg, personne n'attend des chars français si tôt.
0523 novembre 1944Strasbourg
Tissu est dans Iode
Le 23 novembre, au petit matin, la 2e DB s'élance vers Strasbourg. Les sources donnent 6 h 45, 7 heures ou 7 h 15 pour le départ, et parlent de quatre ou cinq colonnes : quatre axes principaux par le nord et l'ouest (Schiltigheim, Mittelhausbergen, Cronenbourg, Koenigshoffen), auxquels le groupement du colonel de Guillebon ajoute un cinquième par le sud, vers Lingolsheim, le Neuhof et l'aérodrome. Des résistants alsaciens des FFI guident les blindés.
Vers 9 heures, trois colonnes butent sur les forts de la ceinture ouest, reliés par des fossés et des obstacles antichars. C'est la colonne du lieutenant-colonel Rouvillois, avec les chars du 12e régiment de cuirassiers et les spahis du 1er régiment de marche de spahis marocains, qui débloque la situation. Guidée par le résistant Robert Fleig, elle surgit par Hochfelden, Brumath et Schiltigheim, une direction où les Allemands ne l'attendent pas. Selon la biographie de Rouvillois, elle entre dans la ville vers 9 h 25 par la Porte de Pierre.
La surprise est totale. Les habitants vaquent à leurs affaires, les tramways et des véhicules allemands circulent encore normalement quand les chars apparaissent. Au milieu de la matinée, les blindés sont devant la cathédrale ; le ministère des Armées précise que le 5e escadron du 1er RMSM y arrive le premier. Rouvillois fait alors transmettre par radio le message convenu : « Tissu est dans Iode ». Dans le code de la division, Tissu désigne son sous-groupement et Iode la ville de Strasbourg. Les témoignages divergent sur l'émetteur exact, Rouvillois lui-même ou un sous-officier de son half-track de commandement.
Le message ne dit pas que Strasbourg est libérée. Il dit que les chars de la 2e DB sont dans la ville. Il est reçu au château de Birkenwald vers 10 h 30, selon le journal du capitaine Christian Girard, aide de camp de Leclerc, et l'historique de la division publié en 1945 ; d'autres récits situent la prise du message par le poste radio vers 10 h 10. Leclerc ordonne aussitôt le départ de son état-major vers Strasbourg.
Rouvillois, lui, ne s'arrête pas : il traverse la ville, franchit les ponts des écluses et le Petit Rhin, et arrive à quelques centaines de mètres du pont de Kehl. Là, la tête de pont allemande résiste. Il ne peut empêcher la destruction du pont, et le passage du Rhin doit être abandonné. Ce jour-là tombent notamment Robert Fleig, le guide FFI, le maréchal des logis chef Albert Zimmer, Alsacien de La Wantzenau tué à bord du char « Cherbourg » à quelques kilomètres de chez ses parents, et l'aumônier de la division, le père Houchet.
0623 novembre 1944Cathédrale
Le drapeau de la flèche
Dans l'après-midi, des spahis du 1er RMSM cherchent de quoi hisser les couleurs au sommet de la cathédrale. Ils n'ont pas de drapeau assez grand. Place Saint-Étienne, Émilienne Lorentz, qui tient avec son mari une boucherie, en coud un à leur demande. Il est fait d'un drap blanc, d'une pièce bleue et d'un morceau rouge découpé dans un drapeau nazi ; les récits varient sur l'origine du bleu, tablier, robe ou drap teint au bleu de méthylène.
Maurice Lebrun, pilote de char au 1er RMSM, se porte volontaire. Protégé par ses camarades, il monte par l'escalier de la tour, puis seul par les échelles de la flèche, alors que des tirs allemands visent encore le secteur.
« Il y a le vent glacial, le vertige : 142 mètres et… quelle belle cible ! »
Maurice Lebrun, témoignage cité par le ministère des Armées
Vers 14 h 20, heure retenue par la plupart des sources (certaines donnent 14 h 30), le drapeau tricolore flotte au sommet de la flèche. Trois ans, huit mois et vingt et un jours après Koufra, la promesse faite dans le désert est accomplie au mot près : les couleurs flottent sur la cathédrale de Strasbourg. Le soir, Leclerc installe son poste de commandement au Kaiserpalast, l'actuel palais du Rhin, qui abritait la Kommandantur.
Lieu de mémoire · Fig. 02Place de la Cathédrale, Strasbourg : la plaque qui rappelle le drapeau cousu puis hissé sur la flèche le 23 novembre 1944.Photo Froideval67, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · source
0724 novembre 1944 – 9 février 1945Alsace
Libérée mais pas sauvée
Le 23 novembre n'est pas la fin des combats. Pendant plusieurs jours, il faut réduire les casernes du quartier de l'Esplanade, le port du Rhin et la ceinture de forts, où les FFI servent de guides et de renforts. Le Gauleiter Wagner a eu le temps de passer le Rhin. Le général Vaterrodt, commandant de la place, quitte la Kommandantur avant l'arrivée des Français et se retranche au fort Ney, au nord de la ville, avec environ 600 hommes. Il se rend le 25 novembre au colonel de Langlade. Au total, environ 6 000 soldats allemands sont faits prisonniers à Strasbourg, et des milliers de civils allemands présents dans la ville sont internés.
Le 26 novembre, Leclerc préside une prise d'armes place Kléber, devant la population et les soldats de la division. L'étendard du 12e régiment de cuirassiers y est présenté à la foule. L'État se rétablit aussitôt : l'ancien maire Charles Frey retrouve ses fonctions le 27 novembre. Le 24 décembre, de Gaulle et Leclerc assistent à la messe de minuit à Erstein, à quelques kilomètres du front.
Car la ville reste menacée. Alors que l'offensive des Ardennes mobilise les Américains, Hitler lance l'opération Nordwind dans le nord de l'Alsace, dans la nuit du 31 décembre 1944 au 1er janvier 1945. Le commandement allié envisage d'évacuer Strasbourg pour raccourcir le front. Le 1er janvier 1945, de Gaulle ordonne au général de Lattre de défendre la ville ; il obtient d'Eisenhower, avec l'appui de Churchill, que Strasbourg ne soit pas abandonnée. En janvier, une attaque allemande vers la ville est repoussée à Kilstett par le 3e régiment de tirailleurs algériens et la 2e DB, pendant que de violents combats de chars se livrent à Hatten et Rittershoffen. La brigade Alsace-Lorraine d'André Malraux participe à la défense.
Au sud, la poche de Colmar résiste jusqu'à l'hiver. Colmar est libérée le 2 février 1945, la jonction des forces alliées se fait à Rouffach le 4 et, le 9 février, la poche n'existe plus ; la 2e DB a pris part à ces combats aux côtés de la 1re armée française. Haguenau n'est libérée qu'en mars, et Strasbourg reste sous le feu de l'artillerie allemande d'outre-Rhin pendant des mois.
Archive · Fig. 03Strasbourg, 24 novembre 1944 : au lendemain de l'entrée de la 2e DB, des fantassins américains venus en renfort traversent la ville.U.S. Army Signal Corps, domaine public · source
081947 – aujourd'huiStrasbourg
Les lieux de la mémoire
Le général Leclerc meurt le 28 novembre 1947 dans un accident d'avion en Algérie. Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1952. À Strasbourg, le monument au maréchal Leclerc, érigé en 1951 place Broglie, près de l'Opéra, commémore la libération du 23 novembre 1944 : une statue de bronze devant un obélisque. C'est là que se tiennent les grandes cérémonies, comme celle du 80e anniversaire, le 23 novembre 2024.
Le drapeau d'Émilienne Lorentz est conservé par le Musée historique de la Ville de Strasbourg sous le nom de drapeau « de Koufra » ; il a été présenté lors de l'exposition « Strasbourg libérée, 23 novembre 1944 », d'octobre 2024 à janvier 2025. Une plaque rappelle sa fabrication place Saint-Étienne. Chaque année, autour du 23 novembre, un drapeau tricolore est de nouveau hissé au sommet de la flèche ; en 2004, Maurice Lebrun en personne l'a transmis à un jeune spahi, et en 2024 il a été hissé par un Français et un Allemand.
D'autres traces jalonnent la ville et sa région. Le char « Cherbourg », celui d'Albert Zimmer, est devenu un monument au Port du Rhin. Le long de l'itinéraire de la division, les bornes de la Voie de la 2e DB, dites bornes du serment de Koufra, marquent les communes libérées, de Dabo à Saverne et Birkenwald. Les grands lieux de l'Alsace annexée se visitent aussi : le Mémorial de l'Alsace-Moselle à Schirmeck et l'ancien camp de Natzweiler-Struthof, découvert par l'armée américaine le 25 novembre 1944, deux jours après l'entrée des chars dans Strasbourg.
Lieu de mémoire · Fig. 04Le char « Cherbourg » de la 2e DB, gardien de la mémoire au Port-du-Rhin de Strasbourg.Photo Tangopaso, domaine public, via Wikimedia Commons · source
091941 – 1944De Koufra à Strasbourg
Quatre mots, une promesse tenue
« Tissu est dans Iode » referme le diptyque ouvert par « Le Serment ». La chanson ne raconte pas toute la campagne : elle tient dans l'écart entre deux phrases, le serment de Koufra et quatre mots codés. Elle suit les blindés de Rouvillois dans la matinée du 23 novembre, puis le drapeau qui monte sur la flèche. Comme le message, elle annonce d'abord une présence, des chars français dans Strasbourg, avant la promesse accomplie.
La chanson rapproche de ce 23 novembre la grande scène de la place Kléber, qui date en réalité du 26. Son pont reprend la mélodie du refrain du « Serment », pour que la promesse de 1941 et son accomplissement de 1944 s'entendent dans un même souffle. Trois mois plus tôt, une autre colonne de la même division entrait dans Paris : c'est l'histoire des « Cloches du 24 août ». Et la mémoire des Compagnons de la Libération, de Koufra jusqu'au dernier d'entre eux, se prolonge dans « Le Dernier Compagnon ».
Archive · Fig. 05Strasbourg, 24 novembre 1944 : l'ordre du jour n° 73 du général Leclerc proclame « Le serment de Koufra est tenu ! ».Paris Musées / musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin, CC0 · source
Les paroles
Marche triomphale, tambours et cuivres, reprise du thème du Serment
Couplet 1
Trois ans et huit mois ont passé sur le serment,
Ceux de Koufra ont dans leurs plis du sable encore,
Ils ont fait le Fezzan, la Tunisie, la Normandie,
Paris en août — et les Vosges sous la pluie.
Novembre gèle la plaine d'Alsace,
L'état-major calcule en semaines prudentes —
Mais Leclerc a une dette plus vieille que les ordres,
Et les dettes d'honneur n'attendent pas l'hiver !
Couplet 2
Le 23 novembre, il joue son va-tout :
Cinq colonnes lancées dans le brouillard glacé,
Pas de préparation, la vitesse pour tout,
Surprendre la garnison avant qu'elle ait pensé.
Les blindés de Rouvillois foncent comme des fous,
Brûlent les carrefours, ignorent leurs arrières —
Et dans la matinée, Strasbourg entend leurs chaînes :
Des chars français ! En ville ! Sortis de nulle part !
Refrain
« Tissu est dans Iode ! » — quatre mots codés, rien d'autre !
Quatre mots sur les ondes et la France a compris :
La 2e DB est dans Strasbourg ! Le serment est tenu !
Les couleurs, nos belles couleurs, montent sur la flèche !
Regarde le drapeau dans le vent d'Alsace,
Tout en haut de la plus fière cathédrale de France !
Un serment de désert tenu dans le brouillard —
Jurez ! Nous l'avions juré ! C'est fait !
Couplet 3
Place Kléber, la foule pleure en alsacien,
Des années d'annexion tombent comme un carcan,
On ressort les drapeaux cachés sous les planchers,
Les trois couleurs interdites refleurissent aux fenêtres.
Et un gamin demande : « C'est qui, ces soldats ? »
— C'est une promesse, petit. Elle a marché jusqu'ici.
Elle est partie d'un fort perdu de Cyrénaïque,
Elle a traversé un désert, une mer, et la moitié d'un pays.
Refrain
« Tissu est dans Iode ! » — quatre mots codés, rien d'autre !
Quatre mots sur les ondes et la France a compris :
La 2e DB est dans Strasbourg ! Le serment est tenu !
Les couleurs, nos belles couleurs, montent sur la flèche !
Regarde le drapeau dans le vent d'Alsace,
Tout en haut de la plus fière cathédrale de France !
Un serment de désert tenu dans le brouillard —
Jurez ! Nous l'avions juré ! C'est fait !
Chœurs de guerre
Koufra ! — Strasbourg !
Juré ! — Tenu !
Le sable ! — La flèche !
La France ! — Revenue !
Instrumental · cuivres triomphaux, cloches de cathédrale, tambours
Couplet 4
Pense à ceux de Koufra qui ne sont pas là,
Tombés en Tunisie, en Normandie, ailleurs,
Quatre cents au départ — et tant qui ne verront pas
Le tissu tricolore épouser la hauteur.
Leclerc partira trop tôt, trois ans après la gloire,
Maréchal à titre posthume, légende en uniforme —
Mais ce jour de novembre est son chef-d'œuvre,
Et la leçon vaut pour toi qui m'écoutes :
Donne ta parole rarement. Mais quand tu la donnes,
Qu'elle soit plus dure que l'hiver, plus longue que la guerre.
Pont
Jurez ! — Nous le jurons !
De ne déposer les armes — Jamais !
Que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs,
Flotteront sur la cathédrale de Strasbourg…
Refrain
« Tissu est dans Iode ! » — quatre mots codés, rien d'autre !
Quatre mots sur les ondes et la France a compris :
La 2e DB est dans Strasbourg ! Le serment est tenu !
Les couleurs, nos belles couleurs, montent sur la flèche !
Regarde le drapeau dans le vent d'Alsace,
Tout en haut de la plus fière cathédrale de France !